jeudi 4 octobre 2007

Suivre le courant


Quelqu’un m’a dit un jour, « Si tu as l’impression de nager contre le courant, c’est probablement parce que tu ne prends pas les bonnes décisions ; dans la vie, tu devrais avoir l’impression de nager dans le même sens que le courant, ça devrait couler ». J’ai eu certains épisodes de ma vie où je me suis acharnée sur quelque chose, un but ou une destination que je voulais vraiment atteindre. Et tout un coup, le jour où je réussissais à lâcher prise, tout se plaçait, merveilleusement, d’une manière inespérée, différente que celle escomptée mais souvent meilleure.

En ce moment, avec le projet d’amélioration des maisons, c’est difficile d’avoir une idée préconçue, ou une idée d’une destination parce que le projet est tellement jeune et parce qu’il y plusieurs acteurs impliqués. Mais là s’y trouve la beauté: en le laissant couler dans le sens du courant, il a la possibilité de prendre une forme, une direction et une envergure inespéré. A travers CENCA (l’ong qui travaille en urbanisation) Nara et moi avons connu une architecte qui a sa propre ong, Estrategia. Cette ong utilise la technique de bloques de ciment développée par une entité du gouvernement péruvien. Il s’avère que la technique de production des bloques de ciment est moins couteuse que la brique, moins dommageable pour l’environnement et surtout elle permet l’auto construction. Ce n’est pas surprenant que les grandes compagnies de construction s’opposent à la diffusion de cette technique et qu’elle reste peu connue.

Ainsi, nous nous sommes alliées avec Estrategia, cette ong qui utilise la technique des bloques de ciment et qui prône l’égalité des genres dans toutes ses activités. Cette inclusion de la femme péruvienne dans le processus de la construction du logement est un aspect important du projet. Je m’explique… La semaine dernière, nous sommes allées visiter un projet de construction réalisé para Estrategia dans le Nord de Lima et nos guides étaient toutes des femmes. Elles nous ont expliqué comment elles produisaient les bloques et comment elles construisaient. Ce qui m’a le plus fasciné ce n’est pas la machine ou la mélangeuse mais plutôt la confiance et la détermination sur le visage de ces femmes. J’ai rarement vu des femmes avec tant de certitude, avec un regard si vif; en général la hiérarchie entre l’homme et la femme est omniprésente et la femme est effacée.

Initialement, Nara et moi n’avions pas pensé à inclure cette composante d’égalité des genres dans ce projet mais tout à coup, cette ong avec qui nous travaillons la prône. Dans toutes les formations techniques données par Estrategia, elle exige que le thème soit abordé et elle favorise la participation des femmes dans le processus de construction. Le courant a pris une direction intéressante….

Enfin, la journée de mardi prochain sera une journée décisive puisque nous rencontrerons le gérant général de l’Association Atocongo et nous connaitrons quel sera l’appui de Cemento Lima. Peut importe le résultat, lorsque Nara et moi quitterons le Pérou le 13 décembre prochain, ce projet m’aura permis de croire encore un peu plus qu’il faut faire confiance, se lancer et se laisser guider par ce courant qu’est la vie.

mercredi 19 septembre 2007

De la théorie à la pratique…

Lors de mon dernier semestre à l’Université, j’ai suivis un cours très intéressant de stratégies pour les pays en voie de développement. Dans le cadre de ce cours, j’ai étudié le cas de « Patrimonio Hoy », le programme social de la multinationale mexicaine de ciment CEMEX et j’ai été vraiment inspirée par cette initiative. Oui, il faut se l’avouer, la raison première pour laquelle « Patrimonio Hoy » offre une structure pour favoriser l’épargne et l’accès à des matériaux de construction, est pour élargir sa clientèle et du même coup, son chiffre d’affaire. Mais, au-delà de cette motivation économique, il y a aussi un vocation sociale et une structure qui permet aux moins fortunés d’économiser et d’avoir accès à des matériaux de construction et un support technique pour améliorer leur logement.

Je me suis donc inspirée de ce projet d’une multinationale pour proposer en compagnie de Nara, mon amie Brésilienne qui est architecte, un programme social d’amélioration du logement à San Juan de Lurigancho. Notre projet a été accepté et depuis la semaine dernière nous travaillons pour le démarrer.

Le projet inclus CODECO, l’ONG où je travaille, CENCA, une ONG qui travaille dans le domaine de l’urbanisation, une coopérative de crédit et d’épargne et la multinationale Cemento Lima. Le fonctionnement du projet est le suivant : premièrement, les familles qui désirent améliorer leurs maisons peuvent s’inscrire dans ce programme et faire un apport financier hebdomadaire d’environ 20 Soles (≈$7) dans la coopérative d’épargne. Au bout d’environ 10 semaines, la coopérative remet aux familles la valeur de la totalité des apports en matériaux de construction. Il se remet ainsi des matériaux de construction au 10-15 semaines, et ce durant environ 70 semaines, le temps nécessaire pour améliorer leur maison. La plupart des chiffres sont encore des estimations puisque nous travaillons présentement avec un quartier pour évaluer précisément les besoins et leurs capacités financières.

De plus, nous sommes en pourparlers avec le gérant général de l’Association Atocongo (la division sociale de Cemento Lima) pour établir une entente pour obtenir le ciment à prix réduit. Ainsi, nous utiliserions une technique de constructions avec des bloques de ciment (et non des briques). Par le fait même, les familles seront en mesure de produire les bloques et de construire elles-mêmes leurs maisons ; réduisant considérablement les coûts d’améliorations de leur demeure. Quelques ateliers de formations de CENCA seront donnés aux familles pour leurs permettre d’auto-construire leurs maisons.

Si le projet pilote que nous sommes en train de mettre en branle fonctionne bien, il pourra être implanté dans la douzaine de coopératives d’épargne et de crédits de San Juan de Lurigancho. Je suis vraiment très motivée par ce projet et emballée d’avoir le support de différents acteurs du développement de San Juan de Lurigancho et de Lima.

mardi 4 septembre 2007

¡Hermoso Perù!


La semaine dernière, j’ai profité d’un congé férié pour aller passer 4 jours à Huaraz, dans la cordillère Blanche. J’y suis allée en compagnie de Laurie, mon amie qui est aussi coopérante à San Juan de Lurigancho. La première journée, nous avons visité le site archéologique de Chavin, une civilisation qui s’est développée 900 ans AC et s’est éteint 200 ans AC. Les 3 autres journées, nous avons fait le trek de Santa Cruz, une splendide randonnée de 50 km à travers la cordillère Blanche. L’effet de l’altitude s’est fait sentir mais la beauté des sommets enneigés et du soleil resplendissant compensait largement pour les efforts déployés. La nature, même au-dessus des 4000m d’altitude, était verdoyante et magnifique. Le ciel bleu le jour et merveilleusement étoilé la nuit nous a fait le plus grand bien : ça faisait plus de deux mois que nous ne l’avions pas aperçu à Lima… Je reviens remplie d'énergie et motivée à poursuivre le travail ici à San Juan de Lurigancho.




¡Hermoso Perù!








mercredi 29 août 2007

Bonne nouvelle!

La principale partie de mon mandat consistait à établir une entente avec une université de gestion de Lima pour que leurs étudiants réalisent un stage dans une microentreprise de San Juan de Lurigancho. Hier, j’avais un rendez-vous avec une professeure de l’Université Pacifico pour lui proposer un projet de collaboration entre CODECO et son Université. J’ai eu de la chance parce qu’elle était responsable d’un cours pratique d’accompagnement aux microentrepreneurs.

¡Fenomenal! À partir du prochain semestre académique, en mars, 27 étudiants viendront réaliser un stage avec 9 petits entrepreneurs du district de San Juan. Le programme académique me semble extraordinaire parce qu’il sensibilise l’étudiant à la réalité du secteur informel du Pérou et permet à plusieurs entrepreneurs de recevoir l’appui de 3 jeunes durant 4 mois à raison d’une visite par semaine sur le lieu de travail. Je suis vraiment contente de l’entente et encouragée de constater l’existence d’un tel cours dans une université.